Surpopulation des chats : la situation s’améliore-t-elle ?

Surpopulation des chats : la situation s’améliore-t-elle ?

La Fédération des sociétés canadiennes d’assistance aux animaux a publié la mise à jour quinquennale de son rapport de 2012 sur la problématique de surpopulation de chats au Canada (Cats in Canada: A Report on the Cat Overpopulation Crisis). Le rapport de 2017 découle d’une enquête menée auprès des membres du public, de refuges, d’organisations de secours, de sociétés de protection des animaux, des sociétés pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA), de vétérinaires et de municipalités, et offre une mine d’informations sur les progrès réalisés (ou, en l’occurrence, l’absence de progrès).

Voilà ce qu’en dit la FSCAA : « La bonne nouvelle, c’est que nous avons fait des pas de géant en ce qui concerne le bien-être des chats depuis 2012. La mauvaise nouvelle, c’est que ces changements se produisent trop lentement pour enrayer le problème de surpopulation de chats au Canada. Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir. »

De notre point de vue, le rapport présente une statistique dont nous sommes particulièrement heureux : le sondage réalisé auprès du public indique que 72 % des propriétaires de chat empêchent leur animal de se promener à l’extérieur sans surveillance !

Ce chiffre représente une amélioration marquée par rapport aux résultats de notre sondage réalisé en janvier 2016, qui situait la moyenne nationale à 59 %. Cette augmentation de 13% signifie que 1,1 million de chats domestiques de plus sont à l’abri des dangers qui les menaceraient à l’extérieur. Les efforts des refuges, des sociétés de protection des animaux, des organisations de secours et des municipalités, ainsi que la publication de la bande dessinée Angel Catbird et la mise en œuvre de la présente campagne, ont persuadé davantage de propriétaires de chats de tenir leur animal à l’abri des dangers de l’errance, et de protéger les oiseaux par le fait même.

Autres résultats :

« Les refuges accueillent toujours deux fois plus de chats que de chiens, et le pourcentage de jeunes animaux est également le double chez les chats comparativement aux chiens. Cette statistique met en lumière le problème persistant des portées non désirées. Bien que de nombreux intervenants mettent en œuvre des pratiques exemplaires… (stériliser tous les animaux offerts en adoption, leur fournir une identification permanente et améliorer les pratiques de gestion dans les refuges), le nombre de chats sans foyer dépasse toujours le nombre de familles qui sont prêtes à les adopter. »

Selon les résultats du sondage mené auprès du public, les trois façons les plus courantes d’obtenir un chat sont les suivantes : les adopter gratuitement, les adopter d’un ami ou d’un proche, ou les trouver abandonnés. Il est dommage de constater que le pourcentage de chats obtenus de ces façons est passé de 47 % en 2012 à 52 % en 2017. Cette augmentation signifie que peu de nouveaux propriétaires de chat profitent des pratiques exemplaires mises en œuvre dans les refuges, et que la plupart adoptent donc des chats qui n’ont pas été stérilisés, vaccinés et identifiés. De nombreux chats ne sont pas stérilisés assez tôt pour prévenir la reproduction. Une femelle non stérilisée qui se promène en liberté pourrait tomber enceinte dès ses premières chaleurs. Comme l’indique la FSCAA : « Il faut faire cesser la production de portées de chatons qui n’auront pas de foyer. »

Des progrès ont tout de même été réalisés à d’autres chapitres :
• Le nombre de chats euthanasiés est à la baisse — en 2016, 18 % des animaux qui se retrouvaient dans un refuge canadien étaient euthanasiés, et 95 % des euthanasies étaient pratiquées pour des motifs liés à la santé. En 2011, ce pourcentage était de 40 %.
• Le pourcentage de chats adoptés dans un refuge est passé de 43 % à 60 %.
• Le nombre estimatif de chats sans foyer qui vivent dans un refuge — c.-à-d. les chats qui se retrouvent dans un refuge et qui n’ont pas trouvé preneur — a connu une baisse vertigineuse : de 635 000, il est maintenant à peine supérieur à 261 000. (Cette statistique ne comprend pas les chats sans foyer qui ne vivent pas dans un refuge, puisqu’il est très difficile d’en calculer le nombre ; on estime qu’il y en a beaucoup plus.)

Le rapport souligne également que 10 % des membres du public disaient nourrir un chat dans leur quartier, et que, sans le recours à des initiatives de stérilisation, cette pratique peut malencontreusement se traduire par une hausse de la population de chats errants. Il est donc recommandé que les municipalités et les intervenants sensibilisent le public au fait que l’alimentation de chats errants ou sauvages, si elle est effectuée en dehors du cadre d’un programme de soins spécialisés ou d’autres initiatives de stérilisation, entraîne une surpopulation ainsi que tous les maux qui accompagnent ce problème.

Un plus grand nombre de propriétaires affirment que leur chat est stérilisé (94 % en 2017, par rapport à 80 % en 2012). La FSCAA souligne les facteurs qui viennent nuancer cette statistique. Tout d’abord, les répondants pourraient se sentir obligés de donner ce qu’ils savent être la « bonne » réponse, même s’ils n’ont pas réellement fait stériliser leur animal. Des considérations d’ordre socioéconomique entrent également en ligne de compte, puisque le revenu moyen des répondants est de 66 000 $ et que c’est surtout chez les personnes appartenant aux tranches de revenu inférieures que le besoin d’accès aux initiatives de stérilisation se fait sentir. En dernier lieu, les chats ne sont pas tous stérilisés assez tôt pour prévenir la reproduction. En d’autres mots, certains propriétaires s’y prennent trop tard et une première portée voit le jour.

Le nombre de chats qui retrouvent leur propriétaire a connu une modeste augmentation, mais demeure toujours plus élevé chez les chiens. Le pourcentage était de 10 % en 2016 comparativement à 8 % en 2011 pour les chats, alors qu’il était de 68 % en 2016 comparativement à 57 % en 2011 pour les chiens. En d’autres mots, un chat sur dix est réuni avec son propriétaire, alors que sept chiens sur dix retrouvent leur maître.

L’une des facettes les plus intéressantes du rapport est l’attention accordée aux différences d’attitudes chez les intervenants. Les animaux sont stérilisés avant leur adoption dans seulement 19 % des municipalités, par exemple, alors que chez d’autres groupes d’intervenants (sociétés de protection des animaux, SPCA, organisations de secours), ce pourcentage frôle les 100 %. Dans le même ordre d’idées, à peine 38 % des municipalités reconnaissent qu’il y a bel et bien un problème de surpopulation, contrairement à 100 % des organisations de secours et des sociétés de protection des animaux. Il est évident qu’il faudra sensibiliser davantage les municipalités à cet enjeu et veiller à ce que celles qui exploitent des refuges y mettent en œuvre les pratiques exemplaires.

Nous devons nous attaquer ensemble aux causes premières du problème de surpopulation de chats. Évitez que votre chat ne vienne grossir les rangs d’un refuge ou qu’il ne contribue au problème de surpopulation. Aidez votre chat et tous les chats du Canada : assurez-vous de le stériliser, de lui fournir une identification et de le tenir à l’abri des dangers de l’errance. Si vous nourrissez des chats qui ne sont pas les vôtres, assurez-vous qu’ils sont eux aussi stérilisés.

Pour lire la version intégrale du rapport intitulé Cats in Canada : A Five-Year Review of Cat Overpopulationconsultez le site Web de la FSCAA (en anglais seulement).